La réforme de Wuxu (1898)
En 1895, à la nouvelle de la conclusion du « Traité de Shimonoseki », Kang Youwei, un candidat à l'examen impérial organisé à Beijing, présenta au nom de plus de 1 300 candidats du même examen un mémoire à l'empereur pour exprimer leur opposition à la demande de paix au Japon et réclamer une réforme politique dans le pays. Bien que ce mémoire n'ait pu parvenir à la connaissance de l'empereur, ses idées de réforme politique eurent de larges répercussions dans la société chinoise. Cet incident fut connu dans l'histoire sous l'appellation de la « supplique des candidats à l'examen impérial ».
Selon Kang Youwei, la situation critique à laquelle la Chine faisait face avait pour origine un régime politique corrompu et un système de pensées arriéré. Après l'avènement de la supplique réclamant la réforme, Kang et ses disciples créèrent des journaux, mirent en place la Qiangxuehui (Société « étudier pour être fort ») et prêchèrent de nouvelles idées sur la réforme du régime politique ancien. Grâce à ces efforts, une vague de salut national déferla sur tout le pays.
En 1898, l'année Wuxu selon le calendrier lunaire chinois, l'empereur Guangxu décida enfin d'appeler des réformistes à des fonctions importantes et de promouvoir la réforme politique dans tout le pays. Voici les principaux plans de cette réforme : sur le plan politique réformer l'appareil administratif ancien ; sur le plan économique, protéger et encourager l'industrie et le commerce ; sur le plan de l'éducation, créer des écoles modernes, réformer le système d'examen impérial, adopter les connaissances culturelles, scientifiques et technologiques occidentales.
Les conservateurs avec l'impératrice douairière Cixi à leur tête n'acceptaient pas le développement du mouvement réformiste. Ils décidèrent d'arrêter les réformistes et s'apprêtèrent à détrôner l'empereur Guangxu. Les réformistes demandèrent l'intervention de Yuan Shikai, un général qui détenait un important pouvoir militaire, mais celui-ci les trahit finalement. Le 21 septembre 1898, l'impératrice douairière Cixi déclencha un coup d'Etat, fit emprisonner l'empereur Guangxu et arrêter les réformistes. Kang Youwei et Liang Qichao durent alors s'enfuir à l'étranger. Tandis que Tan Sitong, un autre réformiste important, renonça à l'occasion qui lui était présentée de prendre la fuite en disant : «jusqu'ici, aucun pays du monde n'a réussi une réforme sans effusion de sang ; puisque personne chez nous n'a encore versé son sang pour faire aboutir une réforme, c'est pourquoi la Chine n'est pas encore puissante. Si cela était nécessaire, ce serait à commencer par moi-même et dès aujourd'hui ». Plus tard, six réformistes dont Tan Sitong, Kang Guangren furent exécutés, ils sont connus sous le nom de « six gentlemen de Wuxu ». La réforme de Wuxu n'avait duré que 103 jours à partir de la déclaration par l'empereur Guangxu de la réforme à son échec causé par un coup d'Etat. Par conséquent, elle est également connue sous le nom de « réforme de Cents Jours ».