L'incident du 18 septembre
Dans les années 1930, une chanson circulait en Chine : « Le 18 septembre, le 18 septembre, à ce moment désastreux, je quitte mon pays natal... ». Mais que s'est-il passé à cette date ?
Depuis la fin du XIXe siècle, le Japon avait déclenché régulièrement des agressions contre la Chine et occupait par la force l'île de Taiwan. Au début du XXe siècle, les Japonais, toujours insatisfaits de leurs conquêtes, s'apprêtèrent à élargir leurs possessions par la guerre. La Chine devint la plus importante de leurs visées. Cherchant à envahir en premier lieu les trois provinces du Nord-Est de la Chine, le Japon provoqua l'incident du 18 septembre.
Le soir du 18 septembre 1931, l'armée japonaise fit sauter un tronçon de la voie ferrée près de Liutiaohu dans la banlieue de Shenyang, puis fit courir le bruit que cet attentat avait été commis par des troupes chinoises pour saboter la voie ferrée et attaquer les troupes japonaises. Forte de ce prétexte, elle lança une attaque contre le cantonnement de l'Armée du Nord-Est de la Chine et contre la ville de Shenyang. L'Armée du Nord-Est subit de lourdes pertes et, le lendemain, les troupes japonaises s'emparèrent de Shenyang.
Au moment de l'incident du 18 septembre, le gouvernement nationaliste avait pour principale préoccupation « l'anéantissement du PCC ». Jiang Jieshi ordonna à plusieurs reprises à Zhang Xueliang, chef de l'Armée du Nord-Est, de ne pas résister à l'agression japonaise pour éviter d'aggraver la situation. L'absence de résistance de l'armée chinoise permit aux troupes japonaises d'occuper, en un peu plus de quatre mois, les trois provinces du Nord-Est de la Chine où vivaient 30 millions de chinois.
Afin de consolider leur domination sur ces trois provinces, les agresseurs japonais y créèrent le « Mandchoukouo (Etat des Mandchous) », en mettant comme empereur fantoche de cet Etat Puyi, le dernier empereur, destitué, de la dynastie des Qing, Le pouvoir était en fait totalement contrôlé par les Japonais. L'agression et la domination japonaises conduisirent à de vives résistances de la part du peuple chinois, les armées anti-japonaises constituées de volontaires luttèrent héroïquement contre les agresseurs dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses.