la célébration durant l'époque des empereurs de chine
Les empereurs des Ming et des Qing attachaient tous une grande importance à la fête du Printemps. Les cérémonies de cette fête à la cour étaient compliquées et somptueuses.
Sous les Ming, on tenait la cérémonie chaohe (les officiers présentent leurs vœux à l'empereur selon les lois de l'audience matinale) le premier jour de l'année. Le jour précédent, on installait le trône dans la salle Fengtian. Dès qu'il faisait jour, l'escorte impériale se tenait des deux côtés de la voie centrale dans la cour Fengtian, et divers drapeaux étaient suspendus a la porte Fengtian, devant laquelle se trouvaient des voitures servant au sacrifice. Des gardes se dressaient tout le long de la voie qui reliait la salle Fengtian à la Porte du Méridien. Apres trois coups de tambour, l'empereur en costume de cérémonie montait sur le trône pour recevoir le salut des officiers civils et militaires. Le représentant des officiers prononçait un discours pour chanter les mérites de 1'empereur et lui souhaiter une bonne année. En réponse, l'empereur présentait ses meilleurs vœux à ses officiers. Par la suite, le ministre qui présidait la cérémonie donnait des ordres aux officiers : « Levez votre tablette». « Inclinez-vous », et « Saluez Sa Majesté ». En exécutant ces ordres, tous les officiers, avec (es mains portées au front, criaient à haute voix trois fois «Vive Sa Majesté» A ce moment-là, l'orchestre impérial commençait à jouer de la musique et l'assistance allumait des pétards. Puis, les officiers se retiraient de la salle en succédant à l'empereur ; ainsi s'achevait la cérémonie, suivie d'un grand banquet.


Sous la dynastie des Qing, le banquet était tenu la veille du Nouvel An dans la Salle de l'Harmonie préservée, auquel étaient présents les chefs des ethnies minoritaires, le personnel diplomatique des pays étrangers et les hauts fonctionnaires. On disposait dans la salle quatre-vingt-dix tables sur deux rangées. Chaque table réservée à deux personnes était placée sur un tapis en feutre. Les invités étaient assis sur le feutre les jambes croisées.
L'invité s'installait à la table qui lui était destinée Quand l'empereur prenait place sur le trône, tout le monde se prosternait. L'empereur prenait alors un verre de vin, et puis c'était le tour des invités. A ce moment-là, l'orchestre impérial se mettait à jouer de la musique. Au cours du repas, on pouvait admirer des représentations des ethnies minoritaires, comme par exemple, un concert de jia donné par des musiciens mongols, et des danses et des chants tibétains et hui. On pouvait y admirer également une danse mandchoue, appelée xiqi : une dizaine de princes et de gardes impériaux dansaient deux par deux ; un groupe de gardes impériaux chantait en mandchou, alors que l'autre tapait des vans d'osier avec des baguettes. Ensuite, on donnait des spectacles en plein air, comme la danse qinglong exécutée par des cavaliers mandchous, qui imitaient la lutte entre les chasseurs et les fauves : des arcs et des flèches en main, quelques danseurs masques, vêtus d'une armure, montaient à cheval ou marchaient sur des échasses ; les autres danseurs se déguisaient en tigre ou en ours. On montrait également des acrobaties, exécutées par Coréens, des Hui, etc. Le dernier numéro était toujours la danse des lions. Après cela, l'empereur se levait pour quitter la salle. Tout le monde se prosternait à nouveau, puis se levait. Les invités pouvaient apporter le reste du repas chez eux. Il est aussi permis aux serviteurs de s'arracher les restes sur les tables. Ainsi s'achevait le banquet.