Les estampes et les vers parallèles du Nouvel An
A l’approche de la fête du Printemps, toutes les familles apposent sur leur pote d’entrée des vers parallèles écrits sur du papier rouge et des images des Dieux gardiens de la porte.
Animation d’une rue pendant la fête du Printemps
D’où vient la tradition d’afficher des images des Dieux gardiens de la porte? Selon une légende, Li Shimin (599-649), empereur Taizong de la dynastie des Tang (618-907), tomba malade et entendit en rêve crier des démons. Le lendemain, il le fit savoir à ses sujets. Pour chasser les démons, deux de ses généraux, Qin Qiong et Yuchi Gong, armés de pied en cap allèrent veiller la nuit devant la porte du palais impérial. Dès lors, l’empereur put dormir tranquillement. Ne voulant pas que ses généraux ne se fatiguent trop, Taizong fit peindre leur portrait et les fit apposer sur la porte. Il appela ces portraits les “Dieux gardiens de la porte”. Par la suite, le peuple reprit cette habitude lors de la fête du Printemps, dans l’intention de chasser les mauvais esprits.
Yu Chigon Qin Shubao
Deux gardiens de la porte
Afficher sur la porte d’entrée des estampes du Nouvel An est aussi une coutume de cette fête. Les estampes offrent une grande variété de sujets: la bonne récolte de cinq céréales, la carpe et le nénuphar symbolisant l’abondance de provisions, le bébé potelé, les fleurs et les oiseaux. Il y avait dans le passé en Chine plusieurs lieux fameux de fabrication d’estampes, comme Yangliuqing (à Tianjin), Weifang (au Shangdong), Taohuawu (à Suzhou), Mianzhou (au Sichuan), Wuqiang (au Hebei), et Foshan (au Guangdong). Le bourg de Yangliuqing regroupait un grand nombre d’ateliers, car toutes les familles savaient fabriquer les estampes.
Vers parallèles de Nouvel An
Coller les vers parallèles et acheter des vers parallèles
Les vers parallèles du Nouvel An représentent la bonne fortune. Ils tirent leur origine des taofu, qui étaient des planches rectangulaires en bois de pêcher que l’on accrochait des deux côtés de la porte il y a deux mille ans. En guise de talisman, les taofu étaient cloués aux deux battants de la porte pendant la fête du Printemps dans le but d’échapper aux catastrophes et d’attirer la chance et le bonheur. Sous la dynastie des Shu postérieurs (934-965), on commença à écrire des vers parallèles sur les taofu. Dans le chapitre sur les empereurs des Shu de L’histoire des Song (Shongshi), il est écrit : à la veille de chaque Nouvel An, l’empereur Meng Chang demandait à ses officiers civils de composer des vers pour les écrire sur les taofu. Il arriva une fois que les vers composés par les officiers ne plurent point à l’empereur, qui écrivit donc lui-même deux vers parallèles. Ce sont peut-être les premiers vers parallèles du Nouvel An recensés dans l’histoire de Chine.
Sous la dynastie des Song (960-1279), la planche en bois fut remplacée par du papier. Ecrire des vers parallèles sur du papier rouge et les afficher des deux côtés de l’entrée du palais impérial devinrent une pratique courante de cette époque chez les lettrés de l’Académie impériale. Sous les Ming (1368-1644), encouragé par Zhu Yuanzhang (1328-1398), l’empereur Taizu des Ming, cette coutume s’étendit au peuple tout entier.