Langues et ecritures des minorites
Les 55 ethnies minoritaires emploient plus de 80 langues, qui relèvent respectivement des familles sino-tibétaine, altaïque, austronésienne et indo-européenne. Dans le passé, les ethnies minoritaires établirent un certain nombre d'écritures, dont une trentaine sont encore conservées et employées de nos jours. L'écriture tibétaine fut créée au VIIe siècle ; les écritures bai et zhuang, en caractères carrés, apparurent respectivement sous la dynastie des Tang (618 - 907) et celle des Song (960 - 1279) ; les écritures mongole et dai datent du XIIIe siècle; les écritures oui'goure, kazak et kirgiz sont l'évolution de l'écriture chahetai, transformée après le XIIIe siècle; les anciennes écritures yi et yao, en caractères carrés, apparurent assez tôt dans l'histoire ; les écritures mandchoue et xibe furent créées au XVIIe siècle. Les écritures pictographiques Dongba des Naxi et Sui sont encore en usage de nos jours. Une vingtaine d'écritures employées par les Miao, les Dong, les Va, les Lu les Tujia, les Buyei et les Hani furent créées dans le courant du dernier demi-siècle.
Depuis l'antiquité, les nombreuses ethnies minoritaires ont vécu dispersées sur le vaste territoire chinois en communautés séparées. Selon les différents espaces qu'elles occupent, ces ethnies ont développé une économie en fonction des conditions naturelles, et crée ensemble la civilisation chinoise. Les vestiges de Gaomiao à Qianyang sur le bassin du cours moyen du Yuanjiang peuplé par les Dong prouvent que l'on cultivait déjà le riz dans cette région il y a plus de 7 000 ans, comme le confirment les experts. On a aussi retrouvé dans cette région bon nombre de fragments d'objets en terre cuite, simples ou ornés de motifs de soleil, d'oiseaux, de fleurs, d'arbres et de signes abstraits. Selon une légende, les premières graines de riz furent amenées chez les Dong par des oiseaux, qui les contenaient dans leur bec. Les motifs d'oiseau sur les reliques en terre cuite font justement référence à la culture du riz. Une recherche effectuée par des experts dans l'ouest du Hunan, où vivent les Tujia, montre que chez la civilisation du mont Pengtou, vieille de 9 000 ans, les motifs de soleil, de lune et de fleurs crucifères étaient déjà apparus bien avant. Parmi tous les motifs recensés, ces trois motifs sont les plus courants. Ils font aussi référence à la culture du riz chez les Tujia. Sur les collines et dans les vallées de l'ouest et du sud-ouest du Yunnan, les Jingpo, les Achang, les Yi, les Blang et les Jino développèrent la riziculture et la pratiquèrent sur les champs en terrasses. Une étude révèle que les ancêtres des Dai auraient été les premiers à cultiver le riz; en effet, la zone où le riz était cultivé dans le Yunnan est la zone centrale de l'Arc en demi-lune de l'Asie orientale, fait confirmé par des experts japonais. Cette zone est le point de convergence du système hydrographique dit en «forme d'éventail ». Les Hani sont eux connus pour la culture du thé et la production du thé Pu'er. Ce thé est appelé « or vert » , et les feuilles sont cueillies sur des arbres séculaires qui produisent encore avec vigueur de nos jours. Les She ont aussi une longue tradition de la culture du thé. Le thé Huiming, dans le canton she de la province du Zhejiang, le thé Wulong, dans le canton she de la province du Guangdong, et le thé Beiling, dans le canton she de la province du Fujian, son tous très renommés et appréciés. Le thé Huiming était réservé aux empereurs sous les dynasties des Ming et des Qing, et il remporta une médaille d'or à l'Exposition Universelle du Panama en 1915. En outre, les diverses ethnies chinoises ont réalisé de nombreuses inventions et apporté de grandes contributions à la vie économique du pays.
La nation chinoise est fière de ses deux traditions, agricole et pastorale. La première fut pratiquée en commun par les Han et les ethnies minoritaires, et la seconde, uniquement par les ethnies minoritaires. Une vaste steppe s'étend depuis les monts du Grand Hinggan et du Petit Hinggan dans le Nord-Est de la Chine, en passant par les monts Yinshan à l'ouest, et les monts Tianshan dans le Xinjiang, jusqu'en Asie centrale ; la zone de culture pastorale forme un croissant qui part des monts Tianshan vers le sud jusqu'à Zhongdian dans la province du Yunnan, en passant par le plateau du Qinghai-Tibet. Ces régions sont le berceau des ethnies nomades, et sont encore aujourd'hui occupées par ces ethnies nomades modernes, telles que les Mongols, les Ewenki, les Kazak, les Kirgiz et les Tibétains. Dans les monts Yinshan et Transfert on trouve une grande quantité de peintures rupestres, racontant comment les ethnies nomades ont domestiqué le cheval, le bœuf, le yack,la chèvre, le mouton, l'âne, la mule et le chameau. Le cheval joue un rôle majeur dans la culture pastorale, si bien qu'il est considéré comme supérieur aux autres animaux. Les ethnies nomades réussirent non seulement à élever de bonnes races de chevaux, mais accumulèrent aussi de grandes connaissances en matière d'élevage, de reproduction et de dressage de chevaux. Les échanges fréquents de thé contre des chevaux reflètent la prospérité de l'élevage dans les steppes.
Le filage et le tissage ont toujours occupé une place importante dans la vie sociale des hommes. Depuis l'antiquité, les Han de la Plaine centrale sont célèbres dans le monde entier pour leur élevage du ver à soie, le dé vidage, le filage et le tissage de la soie, tandis que l'invention des textiles en coton revient aux ethnies minoritaires. Les Li, de l'île de Hainan, ont toujours excellé dans le filage et le tissage. On raconte même que, vers le XIIIe siècle, Huang Daopo. une tisserande très habile sous la dynastie des Yuan, se rendit à Yazhou, village isolé à Hainan, apprendre auprès des Li la technique du filage et du tissage du coton, et diffusa cette technique dans les provinces du Jiangsu et du Zhejiang. ce qui favorisa le développement de ce savoir-faire dans la Plaine centrale. Les jolis brocarts des minorités zhuang. li, dong et dai apparurent il y a plus de 1 000 ans, tandis que les textiles tels que les colonnades Boluo, Mao (caret), Zhu (coton fin bleu clair ou blanc) et Yaoban (batik bleu à taches blanches) ansi que les cotons en ramie et en Kapok sont e tradition des Li, Miao, Yao et d’autres ethnies du Sud du pays. Bien qu’elles ne soient pas issues de la même technique, ces cotonnades sont toutes belles et originales, et leurs motifs chatoyants représentent les symboles et traditions ds différentes ethnies. Le batik est une technique manuelle d’impression et de teinture propre aux ethnies minoritaires dont les motifs de couleurs bleu et blanc sont naturels et raffinés. Après que l’étoffe eut été mise dans la teinture, la cire refroidie sur le batik forme des craquelures naturelles, ce qui rend chaque batik unique, et présente une nette caractéristique de l’artisanat ethnique. La broderie chinoise jouit aussi d’un grande réputation dans le monde, et les broderies de ses ethnies minoritaires, comme celles des Miao, des Li, des Dong et des Bai, en sont le fleuron.